samedi 23 février 2008

UN PERSONNAGE AUX RACINES AIGUEZOISE QUI EST REVENU Y MARQUER SON EMPREINTE MODERNE POUR CE DEBUT DU XXe SIECLE



MONSEIGNEUR Frédéric FUZET 1839-1915
Archevêque de ROUEN

Texte original de Robert FRUTON apparenté avec la famille ROMANET elle-même apparentée avec Mgr FUZET .



« Mais qu’est ce que l’Archevêque de Rouen est venu faire ici ? » disait un touriste qui venait à Aiguèze pour la première fois, en voyant le buste de Mgr FUZET trôner sur le jeu de boules. Cette statue, hommage de reconnaissance et d’amitié à un enfant du village qui a marqué son temps, mérite en effet une explication.




Son buste sur la place du jeu de Paume dont il a procédé à la modernisation
au début du 20e siècle





Détail du vitrail représentant Mgr FUZET en tenue d'apparat.




ARMES et DEVISE de Mgr FUZET dans l' Eglise d'AIGUEZE

"plus veux servir que briller" toujours d'actualité si certains voulaient bien s'en inspirer

(appréciation de Roland VINCENT)


Quoique né à LAUDUN et pensionnaire à Nimes (avec Alphonse Daudet) Mgr Fuzet est toujours resté attaché au village de sa mère, née Romanet et Aiguèze aujourd’hui lui doit beaucoup : son empreinte, depuis 1910, est partout ou presque : la place du jeu de paume avec le terrain de boules et les platanes, la façade du presbytère, celle de sa maison et celle de la paillère qu’il voulait donner à la Mairie (il y a les armes du village sur la porte d’entrée en haut de l’escalier). Enfin et surtout il a restauré l’église, construite au XII°siècle et agrandie à diverses reprises, notamment au XVI° - le portail Nord en témoigne – et au début du XIX°. C’est Mgr Fuzet qui a ajouté une flèche au clocher ainsi que des peintures d’inspiration médiévale.



Ancien clocher à sommet octogonal






Flêche ajoutée par Mgr FUZET avec de nouvelles cloches.


L’Archevêque de Rouen ne pouvait oublier Jeanne d’Arc, béatifiée en 1909. Installée avec ses voix dans le choeur, au pied des anges musiciens peints sur la voûte , elles entourent un autel de marbre blanc de toute beauté, totalement inattendu dans un si petit village.







Jeanne d'Arc dans la nef

Jeanne d'Arc dans le choeur


L’ensemble est magnifique ce qui a entraîné l’inscription de l’église à l’inventaire des monuments historiques.



La maison des ROMANET : le château


Mais Mgr Fuzet, fin lettré, docteur en théologie , fut avant tout un prêtre aux vues très larges, soucieux du fossé qui se creusait entre l’Eglise et le monde du travail. Il a été une personnalité religieuse très importante, en avance sur son temps qu’il a marqué de son action ; en se proclamant Républicain très jeune, il a pris ses contemporains à contre-pied car comment pouvait-on être républicain et prêtre en même temps ? Au moment où l’Eglise se remettait encore très mal des massacres des religieux pendant la Révolution suivis de fusillades de prêtres lors de la Commune de Paris, certains trouvaient cette attitude parfaitement scandaleuse.


Rome sous l’impulsion de Léon XIII prône le ralliement à la République et en 1890 le nomme évêque de la Réunion, puis de Beauvais et enfin en 1899 archevêque de Rouen. Dans chacune de ses fonctions, il a rencontré de terribles oppositions. On l’a même accusé d’être Franc-maçon. Bien qu’il ait fait justice de cette accusation, elle le poursuivra toute sa vie et il en souffrira beaucoup. Même encore maintenant Mgr Fuzet sent un peu le soufre.



La Marianne impressionnante qui trône dans la salle du conseil
a été offerte aux Aiguézois par Mgr FUZET.
Un clin d'oeil à qui, à quoi ?




On ne lui a pas pardonné son attitude déférente vis à vis du Président de la république en visite à Beauvais, ni sa soumission aux différentes lois du gouvernement républicain qui, sur une dizaine d’années, ont conduit à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Au cours de cette période difficile, Mgr Fuzet a toujours prôné le dialogue lorsqu’il était possible, estimant que l’intransigeance de certains milieux religieux ne faisait qu’augmenter l’anticléricalisme ; il recherchait la voie médiane mais il n‘a pas toujours été suivi. En application de la loi de décembre 1905, l’Etat ne soutient et ne rémunère aucun culte. Les religieux ne reçoivent donc aucune subvention des pouvoirs publics, c’est le cas des prêtres, mais aussi des pasteurs et des rabbins. Malgré les exhortations de notre archevêque et, contrairement aux autres religions, Rome avait refusé de constituer les associations cultuelles prévues par la loi pour recevoir et gérer les biens de l’Eglise. Aussi, à l’expiration du délai d’un an prévu par les textes, l’Eglise s’est retrouvée sans rien, ni bâtiment, ni ressource, ni lieu de culte. Plutôt que de polémiquer inutilement, Mgr Fuzet voulait être efficace. Très vite, une loi à laquelle il n’est probablement pas étranger, a rouvert les églises au culte ; c’est lui qui, dans une lettre pastorale aux fidèles du diocèse de Rouen, a expliqué la nouvelle situation et précisé que ceux qui se disent catholiques devaient aider l’Eglise à survivre et à vivre, en lui versant I% de leurs revenus. Cette lettre a été reproduite de nombreuses fois dans toute la France et elle est à la base de la collecte pour le « denier de l’Eglise » pratiquée encore aujourd’hui, car la situation n’a pas changé.

Voilà quelques éléments de réponse aux questions que peuvent se poser les touristes. Mais c’est bien peu vu le personnage. Pour en savoir plus, il faut venir à Aiguèze ; c’est la seule solution. Vous serez les bienvenus.
QUELQUES POINTS DE REPERE SUR LA VIE ET LE PARCOURS
DE Mgr FUZET par Robert FRUTON

8/11/1839 : naissance à LAUDUN, à la ferme de Bauvert. Baptême à l’Église de CONNAUX
1864 : ordination sacerdotale
1869 : prend les fonctions de précepteur de Jean MATHAREL (pour préparer sa thèse de docteur en théologie)
1876 : Secrétaire général de la faculté catholique de LILLE et professeur d’histoire ecclésiastique. On lui doit notamment une brochure sur l’attitude du clergé face à la démocratie.
1882 : Curé de GENOLHAC puis de VILLENEUVE LES AVIGNON
1887 : Nommé évêque de St DENIS DE LA REUNION
1892 : Nommé Évêque de BEAUVAIS
1895 : il achète St EMETERY à CHUSCLAN
1899 : nommé Archevêque de ROUEN
1907 : Rachat de la maison natale de sa mère à AIGUEZE
1910 : restauration de l’Église d’AIGUEZE
20/12/1915 : Décès et inhumation en la Cathédrale de ROUEN (Chapelle Jeanne d’Arc)



1 commentaire:

dame de choeur a dit…

passionnée par les sculptures de Jeanne d'Arc dont je fais pour mon plaisir un recensement par sculpteur , pourriez-vous me dire s'il vous plait quel est celui qui a fait votre Jeanne d'Arc en bergère dans le choeur ???merci de votre attention
madame Fuselier